’Paquinou’’ Une Fête pour le renforcement de Cohésion Sociale

 La fête de pâques ou « paquinou » est une fête à l’origine chrétienne que la communauté Baoulé, peuple du centre de la Côte d’Ivoire célèbre à sa manière. Selon Pierre Kouakou Tanoh enseignant à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody : depuis 1971, la fête de pâques fait partie intégrante du patrimoine culturel des Baoulé. Fête chrétienne chez les Juifs et fête traditionnelle chez les Baoulé depuis plus de 50 ans : précise-t-il.

Pour les Baoulé « paquinou » est une manifestation de l’animation socioculturelle par excellence. En animant la cité et en renforçant les liens de fraternité et de solidarité, « paquinou » pose les jalons du développement de la société Baoulé. En Côte d’Ivoire, la fête de Pâques, outre son caractère religieux, est devenue une fête populaire, voire nationale. Pour preuve les Baoulé, originellement animistes, ont institué la fête de « paquinou »  qui chaque année mobilise du monde. Certaines autorités de la Côte d’ Ivoire comme l’ancien président du Senat Ahoussou Jeannot ont même institutionnalisé cette fête en joignant leur image.

Paquinou est devenu avec l’impact  des réseaux sociaux un vecteur de l’animation et apporte un changement  dans la vie des communautés et des localités. Ce changement résorbe en premier ressort les conflits sociaux pouvant entraver la solidarité et donne de nouvelles orientations en dernier ressort pour une meilleure participation de la vie communautaire.

CAPTURE ECRAN

La fête de la Pâques est nommée « paquinou » chez le Baoulé qui vit originellement au centre dans les grandes villes comme Yamoussoukro, Bouaké, Didievi, Tiébissou, le mot « paquinou » est une transformation de Pâques en langue Baoulé qui signifie littéralement « pendant la fête de Pâques ». Au niveau socioculturel il faut noter que paquinou ou la Pâques favorise des retrouvailles et permet la réconciliation chez le Baoulé. Une fête de réjouissance qui donne l’occasion aux filles et fils des villages baoulés de se retrouver pour chanter, danser et partager les repas. Les chants du terroir et les danses font ressortir un pan de la culture de ce peuple.

La période de la Pâques est l’occasion choisie régler les différents entre les personnes et entre les familles dans le but de rétablir la confiance perdue et d’entamer un départ nouveau. Ce qui fait régner un équilibre au sein de la communauté. La célébration de « pâquinou » a joué un rôle déterminant pour la cohésion sociale après la crise qu’a connu la Côte d’Ivoire, notamment à l’occasion de la réunification du pays coupé en deux lors de la rébellion armée.

Paquinou est l’opportunité d’un retour massif du peuple Baoulé sur sa terre natale. Aujourd’hui cette fête n’appartient pas qu’à ce peuple, d’autres peuples y accourent pour découvrir l’évènement. Cela permet un renforcement des liens entre le peuple ivoirien.

Par ailleurs, au cours de ce temps festif, la jeune génération est instruite sur les valeurs du vivre ensemble, du pardon, et du respect à la différence. Les danses et chants du terroir enseignés aux jeunes traduisent le sens de l’unité et révèle également le e patrimoine culturel matériel et immatériel baoulé. On assiste également aux cérémonies de dot qui permettent l’union de deux personnes et par ricochet de deux familles. C’est une occasion pour les parents d’enseigner la ‘’rhétorique baoulé’’ aux plus jeunes car tout se fait en langue locale : le baoulé.

CONCLUSION

Paquinou dérivé de la fête de Pâques est une célébration faite par la communauté baoulé du centre de la Côte d’Ivoire. C’est une occasion de renforcement de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire. Elle revêt un caractère important pour cette communauté et pour la Côte d’Ivoire. Il est plus que nécessaire de la valoriser afin d’aider les ivoiriens à bâtir une nation après les nombreux crises traversées. Nous mènerons cette action à travers des publications sur les valeurs que prône cette célébration. Les réseaux sociaux seront les canaux utilisés pour la réaliser.