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	<title>Analyses &#8211; IMPACT</title>
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	<description>Plateforme de lutte contre la désinformation et la haine en ligne en Guinée et Côte d’Ivoire</description>
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	<title>Analyses &#8211; IMPACT</title>
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		<title>Guinée : comprendre les dessous du conflit entre éleveurs &#060;&#060;étrangers&gt;&gt; et agriculteurs à Lola</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/04/25/guinee-comprendre-les-dessous-du-conflit-entre-eleveurs-et-agriculteurs-a-lola/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2024 17:25:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
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					<description><![CDATA[La Guinée forestière est une région située dans le sud-est de la République de Guinée. La forte pluviométrie dans cette région favorise la pratique de l'agriculture et de l'élevage au point d'attirer des éleveurs étrangers venus de certains pays sahéliens. Cependant, la cohabitation entre agriculteurs sédentaires et ces éleveurs nomades engendre des conflits parfois meurtriers et impacte la quiétude dans des préfectures comme Lola. Dans cet article, le Comité de rédaction et d’analyse du Projet IMPACT en Guinée tente d’expliquer les causes de cette instabilité et son impact sur le vivre ensemble.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La Guinée forestière est une région située dans le sud-est de la République de Guinée. La forte pluviométrie dans cette région favorise la pratique de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;élevage au point d&rsquo;attirer des éleveurs étrangers venus de certains pays sahéliens. Cependant, la cohabitation entre agriculteurs sédentaires et ces éleveurs nomades engendre des conflits parfois meurtriers et impacte la quiétude dans des préfectures comme Lola. Dans cet article, le Comité de rédaction et d’analyse du Projet IMPACT en Guinée tente d’expliquer les causes de cette instabilité et son impact sur le vivre ensemble.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="706266" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #706266;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="766" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-1024x766.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1219" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-1024x766.webp 1024w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-300x225.webp 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-768x575.webp 768w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-1000x748.webp 1000w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-230x172.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-350x262.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-480x359.webp 480w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/LOLA-jpeg.webp 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Selon Lah Siomou, inspecteur régional de l’Agriculture et de l&rsquo;Elevage de la région administrative de N&rsquo;Zérékoré, que nous avons interrogé, « <em>des bouviers venus de la République du Mali, du Niger et du Tchad avec des zébus ont commencé à s&rsquo;installer dans la région entre 2014 et 2015. Certains sont installés par les autorités locales et d’autres par la population elle-même à travers des propriétaires terriens </em>».</p>



<p>Pourtant leur cohabitation avec les populations autochtones qui sont principalement des agriculteurs n&rsquo;est souvent pas facile. Ceux qui travaillent la terre dénoncent régulièrement&nbsp; la destruction de leurs cultures causées par le passage des zébus. Ils accusent cette race venue des pays sahéliens de&nbsp; voracité. « <em>Elle ravage les cultures, contrairement aux animaux connus dans l&rsquo;élevage pratiqué en Guinée</em> », assure-t-il.</p>



<p><strong>Pour les agriculteurs, « </strong><strong><em>les éleveurs sont des étrangers venus de la sous-région</em></strong><strong> »</strong></p>



<p>Des hostilités entre ces deux groupes sont fréquentes dans les localités de Foumbadou et Lainé dans la préfecture de Lola depuis 2016. Ces affrontements se soldent souvent par des cas de morts et de dégâts matériels importants.&nbsp;</p>



<p>Le 04 et le 08 janvier 2024, les mêmes conflits agropastoraux ont été observés dans la sous-préfecture de Foumbadou et dans la localité de Lainé. Des conflits ayant entraîné des dégâts matériels importants. «<em> Les domiciles de plusieurs éleveurs ont été saccagés et leurs animaux chassés par les citoyens très en colère</em> », témoigne un des habitants.</p>



<p>Selon nos informations, à Foumbadou, c’est un groupe de personnes hostiles à la présence des éleveurs qui s’est « <em>soulevés</em> » pour tenter de déloger les bouviers et leurs bœufs dans leur localité. Une semaine après ces violences survenues à Foumbadou, des nouveaux affrontements ont éclaté le 08 janvier 2024 dans la sous-préfecture de Lainé, située à 13 kilomètres de Foumbadou. Le bilan est lourd&nbsp;: « plusieurs blessés, notamment des agents des forces de l’ordre, et des habitations saccagées », selon ce <a href="https://lelynx.net/2024/02/conflits-entre-eleveurs-et-agriculteurs-a-lola-un-rapport-dong-accable-les-autorites-locales/">rapport</a> d&rsquo;un <a href="https://lelynx.net/2024/02/conflits-entre-eleveurs-et-agriculteurs-a-lola-un-rapport-dong-accable-les-autorites-locales/">collectif d’ONG de défense des droits humains</a>.</p>



<p>Selon les autorités locales, les&nbsp; violences ont eu lieu lorsque des jeunes sont venus voir le sous-préfet pour que ce dernier chasse les éleveurs de leur localité. Ils ont aussi laissé entendre qu’ils voulaient faire les mêmes choses qu’ont fait les citoyens de Foumbadou, à en croire Oualamou Sonomou, maire au moment des faits qu’on a pu joindre au téléphone. Après donc cette démarche sans suite favorable, ils ont décidé le même jour de passer à l’acte : « <em>Saccager le domicile du sous-préfet et ceux des bouviers, barricader la rentrée du village par des troncs d’arbres pour empêcher toute intervention des forces de défense&nbsp; et de sécurité</em> ».</p>



<p><strong>Un cas de mort enregistré et des policiers et gendarmes blessés…</strong></p>



<p>Venus pour le maintien d’ordre, les services de sécurité ont été bloqués à la rentrée du village avant d’accéder peu après la venue d’un renfort. Dans les altercations, trois policiers et un gendarme ont été blessés, un cas de mort et plus d’une soixantaine d&rsquo;arrestations dans le rang des citoyens de Lainé ont été enregistrées.  Une situation qui a irrité les <a href="https://www.africaguinee.com/violences-a-laine-un-mort-et-plusieurs-blesses-par-balles/">ONG</a> de défense de droits de l’Homme en Guinée forestière. Le lundi 22 janvier 2024, elles ont procédé à une déclaration devant la presse locale. Le collectif qui « <em>accuse les forces de  défense et de  sécurité des cas de vol et pillages, a invité le tribunal militaire à se saisir du dossier afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Cependant, il  s’insurge contre  la déportation de 71 personnes arrêtées en lien à ces évènements dans les maisons centrales de Kindia et Conakry avant d’exiger la tenue rapide de leur procès. Le collectif a par la suite , invité  les populations de Lainé à ne pas se rendre justice</em> ». </p>



<p class="has-text-align-center"><img decoding="async" src="https://lh7-us.googleusercontent.com/ZpV7ES1AmY08y0SEWSFHw21ok2uVWRLFdnJpi8j5MofavSx6jQzT3cDNvPQZCM_3vROnjTMO9-5YH9Jro86HQdSsk5_LokZ3iDW2BJCBIWvNzNit0Y43CqsRGaAssbiEbEfuiqYwgv5LX2O2RuSeUXM" style=""></p>



<p><strong>Les mises en cause entendus par la justice</strong></p>



<p><a href="https://www.africaguinee.com/lola-regain-de-tension-entre-eleveurs-et-agriculteurs/">Abdoulaye Komah</a> est le procureur de la République près le Tribunal de première instance de N’Zérékoré (au moment des faits). Il informe que les « <em>personnes interpellées étaient en possession d’armes, de chanvre indien, des grigris et des balles de calibre 12. Elles ont été entendues après leurs interpellations par les brigades de recherches de la gendarmerie et du commissariat urbain de N&rsquo;Zérékoré. Elles sont poursuivies pour “coups et blessures volontaires, incendie volontaire, outrage et violence envers les dépositaires de la loi, de la force publique, détention et consommation de chanvre indien, détention des armes légères et de petit calibre et charlatanisme”. Elles ont toutes été placées sous mandat de dépôt et certaines sont dans les maisons centrales de Kindia et Conakry</em> ».&nbsp;</p>



<p>Abdoulaye Komah avait promis tout de même que toute la lumière serait faite sur cette affaire dans un bref délai et que les coupables seraient punis à la hauteur de leur forfaiture.&nbsp; Mais jusque-là, rien n’est fait pour les situer sur leur sort.</p>



<p><strong>Une conférence de presse animée par des ressortissants de la Guinée&nbsp; forestière</strong></p>



<p>Le Comité de crise des ressortissants de la région basé à Conakry ont animé une conférence de presse, accompagnés de leurs avocats, dans la capitale guinéenne le 11 mars 2024. Ils ont dénoncé les tristes évènements qui se sont passés à Lainé entre bouviers « <em>étrangers</em> » et « <em>autochtones</em> ». Selon eux, <a href="https://www.guinee360.com/11/03/2024/conflit-autour-des-zebus-a-lola-les-avocats-des-71-citoyens-en-detention-exigent-leur-liberation/">71 personnes</a> ont été arrêtées et « <em>détenues illégalement à N&rsquo;Zérékoré, Kindia et Conakry </em>». Les conférenciers ont exigé leur libération immédiate et sans condition. Sans que leur appel ne porte fruit pour le moment.</p>



<p>Malgré l’implication des autorités préfectorales de Lola et des délégations ministérielles dans la localité après ces évènements, les populations exigent toujours et sans condition le départ des éleveurs et leurs troupeaux de leurs différentes localités.</p>



<p><strong>Conclusion</strong>&nbsp;</p>



<p>Face à cette situation, il est urgent que des dispositions soient prises par l’ensemble des acteurs impliqués pour limiter les dégâts, et trouver un moyen de ramener une paix durable dans la zone.&nbsp;</p>



<p>&#8211; <strong>Pour les agriculteurs</strong> : nous invitons les agriculteurs à arrêter de se rendre justice, en cas de dégâts causés par les zébus. Il faut remonter les informations&nbsp; au niveau des comités de crise locaux et faire confiance aux autorités (administratives et judiciaires) ;&nbsp;</p>



<p><strong>&#8211; Pour les éleveurs </strong>: respecter les périodes de transhumances, surveiller et encadrer les animaux pour qu’ils ne détruisent pas les cultures ;</p>



<p>&#8211; <strong>A l’Etat</strong> : de réglementer le secteur et ou de faire respecter les lois et les conventions établies entre éleveurs et agriculteurs, rester neutre et équitable entre les entités, informer et sensibiliser les citoyens, d’inviter les services de défenses et de sécurité à intervenir dans les zones conflictuelles avec responsabilités ;</p>



<p>&#8211; <strong>A la justice </strong>: de tenir des procès justes et équitables dans des délais raisonnables, sanctionner les coupables et vulgariser les décisions de justice pour informer les citoyens et prévenir d&rsquo;éventuelles récidives.&nbsp;</p>



<p>Ces quelques pistes peuvent contribuer à remédier ces conflits dans les localités concernées.&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Défis du désordre informationnel en Guinée : causes, conséquences et solutions</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/04/17/defis-du-desordre-informationnel-en-guinee-causes-consequences-et-solutions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Apr 2024 10:26:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Presse Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Désordre informationnel]]></category>
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					<description><![CDATA[La désinformation et les discours de haine à caractère ethnique et sexiste ne sont pas des phénomènes nouveaux en Guinée. Mais la configuration médiatique a pendant longtemps été un frein à leur amplification dans la   sphère publique. La multiplication des médias avec la libéralisation des ondes, l’arrivée des médias numériques et des réseaux sociaux ont malheureusement changé cette donne. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>En Guinée, comme dans de nombreux autres pays, le potentiel du numérique et la pénétration progressive de l’internet ont poussé de plus en plus de personnes à une vie interconnectée, grâce à l’accessibilité des contenus et informations qui y circulent ainsi que l’émergence des outils numériques. Dans cet article, le Comité d’analyse  et de rédaction du projet Impact Guinée  vous aide à mieux comprendre le phénomène.</strong></p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="4c3f40" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4c3f40;" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="1214" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-1024x683.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1214" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-1024x683.webp 1024w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-300x200.webp 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-768x512.webp 768w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-1536x1024.webp 1536w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-1000x667.webp 1000w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-230x153.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-350x233.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-480x320.webp 480w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-2-jpg.webp 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo d&rsquo;illustration &#8211; (c) Iwaria.com</figcaption></figure>
</figure>



<p>Selon les données recueillies sur le site de l’Agence de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT), le taux de pénétration de l’internet en Guinée est de 51,56% pour 6,9 millions d’abonnés à internet et 13,6 millions d’utilisateurs de la téléphonie mobile <em>(ces données sont consultées, le 03/04/2024 à 13h43mn)</em>.</p>



<p>Ainsi, entre évolution de la connectivité et la production et diffusion de l’information, la Guinée se trouve confrontée à un défi d’une grande importance qui mine le secteur de l’information. Il s’agit bien du phénomène de désordre informationnel (la désinformation, la mésinformation, la malinformation et les propos haineux) qui pollue à grande échelle&nbsp; l’infosphère publique.</p>



<p>La désinformation et les discours de haine à caractère ethnique et sexiste ne sont pas des phénomènes nouveaux en Guinée. Mais la configuration médiatique a pendant longtemps été un frein à leur amplification dans la &nbsp; sphère publique. La multiplication des médias avec la libéralisation des ondes, l’arrivée des médias numériques et des réseaux sociaux ont malheureusement changé cette donne.&nbsp;</p>



<p><strong>Les causes du désordre informationnel en Guinée</strong></p>



<p>Les causes qui alimentent et amplifient le désordre informationnel en Guinée sont nombreuses. Nous allons passer en revu quelques-unes d’entre elles…&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’avènement des médias sociaux et l’explosion de l’utilisation de l’internet </strong></li>
</ul>



<p>Les médias sociaux et l’internet ont eu un impact significatif sur le paysage médiatique en Guinée. Si avant, la production et la diffusion de l’information était réservée exclusivement au métier du journalisme, de nos jours, tout individu disposant d’un smartphone et d’une connexion internet, peut produire et diffuser des informations qu’elles soient vérifiées ou non. Des informations diffusées par des non professionnels peuvent créer des confusions chez les utilisateurs des médias sociaux, rendant ainsi difficile la distinction du vrai du faux. Ce qui favorise la propagation à grande échelle des rumeurs, des fausses informations et des messages haineux.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le faible niveau de compétences numériques des jeunes</strong></li>
</ul>



<p>Le faible niveau de compétences numériques favorise la montée en puissance de la désinformation. Ceci expose davantage la communauté aux conséquences des fausses nouvelles. Car n’ayant pas les connaissances nécessaires pour identifier et lutter contre ces nouvelles, les citoyens deviennent un terreau fertile pour leur propagation.&nbsp;</p>



<p>Pour lutter contre cela, l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI), à travers le projet Implication des Médias numériques pour une Prévention Active des Conflits et Tensions (IMPACT), a mené plusieurs actions sur le terrain dont l’organisation de dix sessions d’informations et de sensibilisation sur la lutte contre le désordre informationnel, à Conakry et à l’intérieur du pays, entre le 26 octobre et le 16 décembre 2024.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La faible régulation des réseaux sociaux </strong></li>
</ul>



<p>En Guinée, il n’existe pas un instrument juridique spécifique sur les réseaux sociaux. L’absence d’une telle régulation permet aux acteurs du désordre informationnel de créer et de diffuser de fausses informations, de rumeurs et des messages haineux sur les plateformes des réseaux sociaux sans une grande contrainte, et de toucher un nombre de personnes considérable.&nbsp;</p>



<p>Présentement, les seuls textes juridiques qui traitent de la production et de la diffusion de la désinformation et des messages haineux sont la <a href="https://www.arpt.gov.gn/loi-l2016-037-an-relative-a-la-cybersecurite-et-la-protection-des-donnees/" class="ek-link">Loi relative à la cybersécurité et à la protection des données personnelles</a> et la <a href="https://guineematin.com/wp-content/uploads/public_html/website/wp-content/uploads/2019/08/LOI-SUR-LA-LIBERTE-DE-LA-PRESSE.pdf">Loi sur la liberté de la presse</a>.</p>



<p><strong>Quelques conséquences du désordre informationnel</strong></p>



<p>Le désordre informationnel a un impact significatif sur la communauté et la stabilité sociopolitique. Nous allons en citer quelques-unes…&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Manipulation de l’opinion publique </strong></li>
</ul>



<p>La désinformation peut empêcher les citoyens d’accéder à des informations fiables et vérifiées. Par conséquent, elle entrave à leurs capacités de prendre de bonnes décisions surtout dans les périodes d’élections et de transitions politiques. Les campagnes de désinformation peuvent avoir un impact négatif et considérable sur le déroulement de la transition en cours en Guinée. Car derrière chaque désinformation se cache un objectif de manipulation de l’opinion publique.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Intensification des tensions sociales et politiques</strong></li>
</ul>



<p>La désinformation et les messages haineux sont souvent sources de clivages entre les communautés. Ils alimentent et intensifient le sentiment de violence vis-à-vis d’un individu ou d’un groupe d’individus. Ils contribuent à développer des comportements violents qui peuvent conduire à des affrontements physiques. C’est le cas par exemple de l’histoire de l’eau empoisonnée lors des élections présidentielles de 2010 en Guinée.</p>



<p>Victimes d’un malaise après avoir bu de l’eau lors d’un meeting à Conakry, certains militants du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) ont ouvertement accusé les militants de l’Union des Forces Démocratiques Guinée (UFDG), d’empoisonnement.&nbsp; Quelques années plus tard, la directrice de l’hôpital Ignace Deen, où étaient reçues les victimes du malaise, à l’époque des faits, <a href="https://guinee114.com/affaire-deau-empoisonnee-en-2010-lancienne-dg-du-chu-ignace-deen-fait-des-revelations/">a dénoncé un complot politique monté pour des simples manipulations ethniques</a>.&nbsp;</p>



<p><strong>Quelques solutions pour lutter contre le désordre informationnel&nbsp;</strong></p>



<p>Contrer le désordre informationnel nécessite des actions à plusieurs niveaux.</p>



<p>D’abord, les<strong> autorités guinéennes </strong>doivent renforcer la régulation des réseaux sociaux, l’applicabilité de la loi sur la cybersécurité et la protection des données, sanctionner les individus qui créent et diffusent de la désinformation et des messages haineux.</p>



<p><strong>Ensuite, les acteurs des médias doivent agir pour </strong>renforcer le journalisme de qualité, les capacités des journalistes notamment dans la&nbsp; vérification des faits. Ils doivent également renforcer la collaboration avec les plateformes et réseaux de lutte contre la désinformation.&nbsp;</p>



<p><strong>Enfin, les citoyens connectés doivent </strong>éviter de partager des informations douteuses et sensationnelles de nature à ébranler la paix sociale, sensibiliser leur entourage sur les dangers du désordre informationnel, signaler les comptes et profils diffuseurs de désinformations et de propos haineux.&nbsp;</p>



<p>La lutte contre le désordre informationnel en Guinée reste un réel défi qui nécessite donc des actions concertées et coordonnées entre les différents acteurs de l’information et les autorités pour limiter ses impacts au niveau de la société.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les dessous de la désinformation : comprendre les enjeux et les intentions cachées des manipulateurs…</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/04/16/les-dessous-de-la-desinformation-comprendre-les-enjeux-et-les-intentions-cachees-des-manipulateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Apr 2024 15:43:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Presse Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
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					<description><![CDATA[La désinformation se présente sous différentes formes, allant des fausses nouvelles délibérées aux théories du complot élaborées. Elle peut être propagée par des acteurs étatiques, des groupes d'intérêt, des individus malveillants ou même des médias peu scrupuleux. Les réseaux sociaux et les plateformes en ligne ont amplifié la portée et la rapidité de diffusion de la désinformation, rendant d'autant plus difficile sa détection et sa correction.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans l&rsquo;ère numérique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, où les informations circulent à la vitesse de la lumière sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne, il est crucial pour les internautes guinéens de rester vigilants face à la désinformation. Derrière chaque campagne de désinformation se cachent en réalité des intentions bien élaborées, souvent visant à manipuler l&rsquo;opinion publique, à semer la confusion ou à servir des intérêts particuliers. Comprendre ces enjeux est essentiel pour préserver notre capacité à discerner la vérité de la fiction dans le paysage médiatique actuel où souvent la frontière est très minime entre l’objectivité et la mauvaise foi.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img data-dominant-color="090909" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #090909;" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-1024x683.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1211" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-1024x683.webp 1024w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-300x200.webp 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-768x512.webp 768w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-1536x1024.webp 1536w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-1000x667.webp 1000w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-230x153.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-350x233.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-480x320.webp 480w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/04/Photo-by-Pixabay-via-Iwaria-jpg.webp 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">              Photo d&rsquo;illustration &#8211; (c) Iwaria.com </figcaption></figure>



<p>La désinformation se présente sous différentes formes, allant des fausses nouvelles délibérées aux théories du complot élaborées. Elle peut être propagée par des acteurs étatiques, des groupes d&rsquo;intérêt, des individus malveillants ou même des médias peu scrupuleux. Les réseaux sociaux et les plateformes en ligne ont amplifié la portée et la rapidité de diffusion de la désinformation, rendant d&rsquo;autant plus difficile sa détection et sa correction.</p>



<p><strong>Les enjeux de la désinformation</strong></p>



<p>Les enjeux de la désinformation sont multiples et peuvent avoir des conséquences graves sur la société. En Guinée, où les tensions politiques et sociales sont souvent palpables, la désinformation peut aggraver les divisions et attiser les conflits entre les communautés. Elle peut également compromettre la confiance dans les institutions démocratiques et entraver le processus de prise de décision informée.</p>



<p>C’est pourquoi il est important de comprendre les intentions cachées derrière les opérations de manipulation de l’information. En effet, derrière chaque campagne de désinformation se cachent des intentions bien précises. Que ce soit pour influencer le résultat d&rsquo;une élection, discréditer un opposant politique ou un responsable étatique, promouvoir une idéologie extrémiste ou simplement générer du trafic sur une plateforme de réseau social ou un site web, les instigateurs de la désinformation ont souvent des motivations diverses et parfois obscures. Il est donc crucial de se poser la question de savoir à qui profite la désinformation.</p>



<p><strong>Sensibiliser et agir</strong></p>



<p>Pour lutter efficacement contre la désinformation, il est nécessaire de sensibiliser le public guinéen et de promouvoir le développement des compétences en matière de pensée critique et de vérification des faits. Les internautes guinéens doivent apprendre à remettre en question les sources d&rsquo;informations, à vérifier les faits avant de partager du contenu en ligne et à être conscients des biais potentiellement présents dans les médias qu&rsquo;ils consomment.</p>



<p>En outre, il est essentiel que les gouvernements, les entreprises médias et la société civile travaillent ensemble pour mettre en place des stratégies de lutte contre la désinformation, telles que la promotion de la transparence en ligne, le renforcement de la réglementation des médias sociaux, la formation des professionnels de l’information et le soutien à la recherche sur les technologies et techniques de détection de la désinformation.</p>



<p>Certes la désinformation est un défi majeur auquel sont confrontés les internautes guinéens, mais il est possible de le surmonter en restant vigilants, en développant des compétences en pensée critique et en travaillant ensemble pour promouvoir un environnement médiatique plus sain et plus éclairé. En comprenant les enjeux et les intentions cachées derrière la désinformation, nous pouvons mieux protéger notre société contre ses effets néfastes.</p>
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		<item>
		<title>Guinée : nous levons l&#8217;équivoque sur le statut ‘’blogueur’’</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/03/22/guinee-nous-levons-lequivoque-sur-le-statut-blogueur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2024 13:01:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Presse Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Ablogui]]></category>
		<category><![CDATA[Blogueur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.impact-plateforme.org/?p=1083</guid>

					<description><![CDATA[Traditionnellement, un blogueur est celui qui tient et anime un blog. Cependant, le développement des réseaux sociaux et la facilité d’accès et d’utilisation de ces plateformes ont favorisé la mutation de certains blogueurs et de leurs contenus sur ces réseaux pour conquérir de nouveaux followers (abonnés) et maintenir une présence active.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La démocratisation actuelle du numérique et de l’internet  favorise l’émergence de nouveaux métiers et de contenus multiformes, diffusés sur le web. Sur les réseaux sociaux, de nombreux créateurs de contenus se réclament être des blogueurs. Dans le contexte guinéen actuel, le mot “blogueur” gagne de plus en plus de popularité et prête à confusion sur sa définition au vrai sens du mot. Dans cet article, le comité d’analyse et de rédaction du projet IMPACT en Guinée tente de lever l&rsquo;équivoque en interrogeant des blogueurs officiellement reconnus.</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="767278" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #767278;" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="1084" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-1024x683.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1084" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-1024x683.webp 1024w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-300x200.webp 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-768x512.webp 768w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-1536x1024.webp 1536w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-1000x667.webp 1000w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-230x153.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-350x233.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-480x320.webp 480w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/Photo-by-AMISOM-via-Iwaria-jpg.webp 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo d&rsquo;illustration (c) Iwari.com</figcaption></figure>
</figure>



<p>Avant de plonger dans la définition du mot “blogueur”, il s’impose de comprendre c’est quoi un “blog” ! </p>



<p>Pour Alfa Diallo, président de l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI), «<em> un blog, c’est la contraction de deux mots : ‘‘</em><strong><em>web</em></strong><em>’’ (grand système d’informations qui nous permet d’interagir grâce à internet) et ‘‘</em><strong><em>log</em></strong><em>’’ (journal intime). Donc, un blog est une sorte de journal intime qui se trouve en ligne… </em>».</p>



<p>Dans le sens technique donc du terme, un blog est un site internet sur lequel une personne ou un groupe de personnes crée et diffuse du contenu structuré sur leur passion et leur centre d’intérêt avec une communauté. </p>



<p>En septembre 2018, le blogueur Alimou Sow, auteur du blog <em>Ma Guinée Plurielle</em>, dans son billet de blog intitulé <a href="https://lims.mondoblog.org/quest-quun-blogueur-guineen-2018/"><em>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un blogueur guinéen en 2018</em></a>, a défini le blog comme étant « <em>… un site internet individuel sur lequel une personne (rarement deux), le blogueur/la blogueuse, exprime son opinion en utilisant l’un ou la combinaison de plusieurs de ces types de contenus : texte, son, photo, vidéo, caricature, animation. Selon cette définition, le blog a un nom et une adresse URL hébergée sur une plateforme de création de blogs telle que </em><a href="http://wordpress.com/"><em>wordpress.com</em></a> ».</p>



<p><strong><em>Qu’est-ce qu’un blogueur&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Traditionnellement, un blogueur est celui qui tient et anime un blog. Cependant, le développement des réseaux sociaux et la facilité d’accès et d’utilisation de ces plateformes ont favorisé la mutation de certains blogueurs et de leurs contenus sur ces réseaux pour conquérir de nouveaux followers (abonnés) et maintenir une présence active.</p>



<p>Si les plateformes des réseaux sociaux offrent des avantages en termes de facilité, de portée et d’interaction instantanées aux blogueurs traditionnels, il va de soi avec les inconvénients, notamment l’assimilation des ‘‘vrais’’ blogueurs aux acteurs de la désinformation et de la manipulation de l’information. Cela étant répandu dans le contexte guinéen, nous tendons vers une discréditation pure et simple des blogueurs.&nbsp;</p>



<p>Tout de même, l’ABLOGUI essaye, dans ses activités quotidiennes, de redorer le blason à travers des campagnes de sensibilisation et des sorties médiatiques. Mais le pari est loin d’être gagné. Il faut plus&nbsp;!</p>



<p><strong>Comment devient-on un blogueur&nbsp;?</strong></p>



<p>Pour Alfa Diallo, le blogging n’est pas une profession. C’est une passion ! On devient blogueur à partir d’un blog. Cela nécessite une dose de passion couronnée par une production de contenus de qualité (informatifs, éducatifs divertissants…) et régulier.&nbsp;</p>



<p>Généralement, les blogueurs ont d’autres professions qu’ils associent à leurs activités de blogging. C’est le cas pour la plupart des membres de l’ABLOGUI (composé de journalistes, de médecins, d’informaticiens, de communicants, d’ingénieurs réseaux et télécommunications, de cartographes…).</p>



<p>Mais on note aussi des changements sur le concepteur “blogueur”. On constate, en effet, de plus en plus de personnes, surtout dans le domaine du marketing, qui tendent vers une spécialisation dans la production et la promotion de contenus leur permettant de générer des profits économiques par le biais de la monétisation de leurs contenus.</p>



<p><strong>Quel est le cadre juridique qui confère ce statut ?</strong></p>



<p>En Guinée, il n’existe pas un instrument juridique qui confère à un individu le statut de blogueur. A partir du moment où une personne tient et anime un blog, elle devient de facto un blogueur. Cependant, dans certains pays, compte tenu de l’influence de cette activité, les blogueurs sont assujettis à un ensemble de règles et principes. Si la loi n’encadre pas les activités proprement dites du “blogueur” en Guinée, la loi <a href="https://www.cnhj-guinee.org/wp-content/uploads/2020/04/LOI-L-2016-037-AN-Relative-%C3%A0-la-Cybersecurite-et-la-Protection-des-donn%C3%A9es-%C3%A0-caract%C3%A8re-personnel2363-1.pdf">L2016-037 relative à la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel</a> interdit toutefois la diffusion des discours haineux.</p>



<p>Mais l’absence d’une législation précise sur le statut du “blogueur” laisse le champ libre aux créateurs de contenus en ligne et acteurs de la désinformation et des propos haineux, d’arborer ce statut à leur guise. Une situation qui a un impact significatif sur la crédibilité des “vrais” blogueurs.</p>



<p>Au sein de l’opinion publique, on constate une tendance qui assimile les blogueurs aux acteurs de la désinformation. Bon nombre de Guinéens, pour désigner les personnes ayant une grande communauté sur Facebook et qui partagent souvent des informations non vérifiées (fausses informations) via des lives ou des vidéos pré-enregistrées utilisent le mot “blogueur” pour les désigner. Ce qui contribue à créer des préjugés et des opinions négatives sur la communauté des blogueurs.&nbsp;</p>



<p><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p>Au regard de ce qui précède, devenir un blogueur est bien plus qu’une simple présence sur les réseaux sociaux. Un blogueur est celui qui a un blog sur lequel il produit et diffuse du contenu de qualité et structuré qui impacte de façon positive sa communauté.&nbsp;</p>



<p>La mission principale du blogging est d’éduquer, d’inspirer, de partager des expériences quotidiennes et créer une communauté virtuelle. Un blogueur n’est pas celui qui partage des fausses informations ou des propos haineux, incitant à la violence.&nbsp;</p>



<p>Enfin, nous encourageons les autorités publiques guinéennes à créer un cadre législatif pour réglementer l’usage des canaux numériques de l’information et de la communication.</p>
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		<item>
		<title>Guinée : voici la procédure judiciaire à suivre en cas de viol !</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/03/22/guinee-voici-la-procedure-judiciaire-a-suivre-en-cas-de-viol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2024 12:39:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Presse Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[VBG]]></category>
		<category><![CDATA[Viol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.impact-plateforme.org/?p=1075</guid>

					<description><![CDATA[Dans cet article, le comité d’analyse et de rédaction du projet IMPACT en Guinée donne la parole à l’avocate et actiste des droits humains, Me Halimatou Camara, pour éclairer la lanterne des citoyens sur la procédure à suivre pour sanctionner le viol, inscrit au rang des crimes, selon le Code pénal en vigueur dans le pays.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La République Guinée est l&rsquo;un des 16 pays d’Afrique de l’Ouest. Les violences basées sur le genre (VBG) y sont élevées, à l’instar d’autres pays du continent africain. En 2023, l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM) a dressé un bilan de 205 cas de viols, 43 cas d’enlèvements, 23 cas de séquestrations, 12 cas de mariages précoces, 14 cas de harcèlement et 95 cas de violences (conjugales, physiques, morales ou psychologiques). </strong></p>



<p>Dans cet article, le comité d’analyse et de rédaction du projet IMPACT en Guinée donne la parole à l’avocate et actiste des droits humains, Me Halimatou Camara, pour éclairer la lanterne des citoyens sur la procédure à suivre pour sanctionner <a href="https://www.guinee360.com/25/10/2021/guinee-le-viol-un-crime-banalise/">le viol, inscrit au rang des crimes</a>, selon le Code pénal en vigueur dans le pays.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="7d6562" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-jpg.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1076" style="--dominant-color: #7d6562; width:790px;height:auto" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-jpg.webp 1000w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-300x200.webp 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-768x512.webp 768w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-230x153.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-350x233.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-1-480x320.webp 480w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image prise lors d&rsquo;une manifestation publique pour dénoncer les VBG en Guinée. (c) Club des jeunes filles leaders de Guinée. </figcaption></figure>



<p>L’Enquête Démographique et de Santé (EDS) Mixte de 2012 indique qu’en ce qui concerne les violences sexuelles, “24% des 15 ans ou plus ont été victimes de violences sexuelles avec une dominance chez les femmes (29% contre 18% [chez les hommes])”.</p>



<p>Et malgré l&rsquo;existence des textes de lois qui réprimandent ces infractions et crimes, ces atrocités persistent. Dans bien des cas, la justice est accusée de lenteur dans le traitement des dossiers qui concernent les violences basées sur le genre en général et le viol en particulier.&nbsp;</p>



<p><strong>Me Halimatou Camara</strong> est avocate au barreau de Guinée. Selon elle, la justice est naturellement « lente ». Avec cette activiste des droits humains, nous aborderons les étapes à suivre dans une procédure judiciaire d&rsquo;un cas de violence basée sur le genre en général et en particulier le cas de viol.&nbsp;</p>



<p><strong>De la commission d&rsquo;une violence basée sur le genre&#8230;&nbsp;</strong></p>



<p>Les VBG regroupent plusieurs infractions et catégories d&rsquo;infractions. « Mais lorsqu&rsquo;on prend du cas spécifique du viol qui peut avoir des conséquences sanitaires graves, il faut se diriger dans le commissariat de police ou le poste de la gendarmerie le plus proche. Et lorsqu&rsquo;on veut davantage faire protéger nos droits, c&rsquo;est d&rsquo;aller vers des personnes plus spécialisées. Il faut aller à l&rsquo;Office de Protection du Genre et Mœurs ou à la brigade spécialisée de protection des personnes vulnérables au niveau de la gendarmerie.&nbsp; Voilà,&nbsp; ces structures vont vous entendre, vous leur expliquer que vous avez été victime de viol et très rapidement elles vous font ce qu&rsquo;on appelle une réquisition à un médecin. Ce document vous permet d&rsquo;aller directement voir le médecin légiste qui vous examine et qui fait ce qu&rsquo;on appelle rapport médico-légal qui doit être transmis à la police ou à la gendarmerie. Et c&rsquo;est ce document de procédure ou ces documents de procédure plus les déclarations de la victime, éventuellement de l&rsquo;auteur de l&rsquo;infraction, qui vont être déférés au niveau du procureur de la République », explique Me Halimatou Camara.&nbsp;</p>



<p><strong>Le rapport médico-légal important et mitigé dans une telle procédure&#8230;&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img data-dominant-color="bda99e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #bda99e;" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-jpg.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1078" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-jpg.webp 1000w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-300x200.webp 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-768x512.webp 768w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-230x153.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-350x233.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/LUTTE-CONTRE-LES-VBG-2-480x320.webp 480w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des jeunes femmes guinéennes dénoncent les VBG. (c) Club des jeunes filles leaders de Guinée.  </figcaption></figure>



<p>Après la commission d&rsquo;un viol, le rapport médico-légal est nécessaire pour confirmer le crime et éventuellement retrouver les traces du présumé auteur, à travers des preuves biologiques.&nbsp; Selon Me Camara, le document détermine la gravité de l&rsquo;infraction. « La gravité de l&rsquo;infraction, c&rsquo;est quand on se rend compte que les mineurs se retrouvent avec des fistules. Même les majeurs se retrouvent avec des fistules ou des maladies qu&rsquo;on pourrait qualifier d&rsquo;infection sexuellement transmissible. Donc, il est important, au-delà de l&rsquo;aspect judiciaire voir au-delà de l&rsquo;aspect des preuves de voir un médecin. Un médecin qui peut être un médecin légiste va peut-être&nbsp; vous référer à un autre médecin, parce que lui seul, il ne peut pas tout faire », fait-elle savoir.&nbsp;</p>



<p>Le rapport médico-légal joue un rôle important dans la recherche des preuves de l&rsquo;infraction à travers l&rsquo;ADN qui peut être contenu dans le sperme. Cependant,&nbsp; Mme Halimatou Camara regrette la rareté des médecins légistes en Guinée. « Aujourd&rsquo;hui, devant les juridictions, ce document a une place importante, mais à mon humble avis, il a une place qui est encore mitigée. Ce, dans la mesure où vous prenez de Conakry à Yomou, on a combien de médecins légistes et combien parmi eux ont la capacité de bien faire leur travail ? C&rsquo;est assez difficile.&nbsp; Le viol est une infraction qui est assez difficile parce qu&rsquo;en général elle se passe à huis clos entre deux personnes. Aujourd&rsquo;hui, dans les juridictions internationales, la victime de viol elle est elle-même considérée comme un témoin… Donc, sur le plan international aujourd&rsquo;hui, on ne s&rsquo;arrête pas simplement à des preuves médico-légales. On fait de la parole de la victime un élément qui est important dans la détermination ou en tout cas dans l&rsquo;établissement des faits », soutient l&rsquo;avocate.&nbsp;</p>



<p><strong>Le dossier de l&rsquo;officier de police judiciaire à la table du procureur de la République&nbsp;</strong></p>



<p>Au commissariat de police ou à la gendarmerie, la victime est entendue sur PV (procès verbale) et le présumé auteur (s&rsquo;il est arrêté) par un officier de police judiciaire sur l&rsquo;infraction. Suite à ça, les deux concernés et le rapport médico-légal sont déférés au tribunal de première instance du ressort où l&rsquo;infraction a été commise.&nbsp;</p>



<p>Une fois au tribunal, « on a un procureur de la République qui, par un réquisitoire introductif, va saisir un juge d&rsquo;instruction parce qu&rsquo;en matière de poursuite, le procureur a la possibilité de poursuivre. Mais dans ces cas précis, c&rsquo;est qu’il peut faire, c’est ce qu&rsquo;on appelle une enquête. Ce n&rsquo;est pas lui qui est l&rsquo;auteur de la poursuite. Il y a maintenant le juge d&rsquo;instruction qui est chargé de faire l&rsquo;enquête. Donc, le dossier est ramené à un juge d&rsquo;instruction qui est chargé à travers le réquisitoire introductif du procureur d&rsquo;ouvrir ce qu&rsquo;on appelle une information judiciaire », explique Me Halimatou Camara, tout en précisant que le juge d&rsquo;instruction « peut faire son enquête sur plusieurs années ou plusieurs mois ».</p>



<p>Mais, selon elle, « quand on veut traîner ou étouffer une affaire par exemple, on utilise des années avant qu&rsquo;on arrive à ce qu&rsquo;on appelle une ordonnance de renvoi devant le tribunal criminel ou ce qu&rsquo;on appelle une ordonnance de non lieu. Le non lieu, c&rsquo;est lorsqu&rsquo;il n&rsquo;existe aucun élément qui puisse éclairer l&rsquo;infraction à l&rsquo;auteur de l&rsquo;acte.&nbsp; Le juge dit qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun élément et donc il rend une ordonnance de non lieu. Il peut arriver aussi que le juge rende une ordonnance de renvoi devant un tribunal criminel lorsqu&rsquo;il estime que les faits qui ont été portés à sa connaissance sont des faits qui sont établis et que visiblement il demande à un tribunal de juger cette affaire. C&rsquo;est à ce moment là que l&rsquo;affaire est en état d&rsquo;être jugée devant un tribunal criminel.”</p>



<p>Pour être plus clair, Me Halimatou Camara, soutient que le retard des procédures est en partie lié à l&rsquo;instruction de l&rsquo;affaire. « Oui, il y a cette phase, il y a le juge d&rsquo;instruction. Mais en Guinée, aujourd&rsquo;hui, est-ce que c&rsquo;est le juge d&rsquo;instruction ? Prenez le dossier du 28 septembre, l&rsquo;instruction a été clôturée en décembre 2017 et nous n&rsquo;avons ouvert le procès qu&rsquo;en 2022. Et ça, c&rsquo;est une affaire dite emblématique et lorsque vous prenez des dossiers où ce ne sont pas des affaires emblématiques, ça dépend.&nbsp; On n&rsquo;a combien de juges d&rsquo;instructions sur l&rsquo;étendue du territoire nationale et pour combien d&rsquo;affaires ? Il y a donc, ce problème de l&rsquo;efficience et de l&rsquo;efficacité de la justice parce qu&rsquo;au-delà de l&rsquo;envie de travailler, il y a également les conditions de travail. »</p>



<p><strong>Les peines encourues pour un auteur de viol en Guinée&#8230;</strong></p>



<p>A ce niveau, le législateur a catégorisé les peines en fonction du degré de l&rsquo;infraction. « Quand vous prenez l&rsquo;infraction d&rsquo;un cas de viol, les peines peuvent aller de 5 à 10 ans, de 10 à 20 ans, de 10 à 30 ans et même ça peut-être des réclusion criminelle à perpétuité. Ça dépend de la gravité de l&rsquo;infraction, ça dépend parfois du statut de la victime, ça dépend du rapport qui pourrait exister entre la victime et l&rsquo;auteur. Par exemple, quand on dit quelqu&rsquo;un qui commet le viol, lorsqu&rsquo;il existe un lien d&rsquo;autorité entre lui et la victime, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle des circonstances aggravantes. Lorsque la femme était une femme enceinte, c&rsquo;est une circonstance aggravante, lorsque l&rsquo;infraction est commise sur une mineure de moins de 13 ans ou de moins de 14 ans, c&rsquo;est une cause d&rsquo;aggravation de l&rsquo;infraction. Donc, ça dépend de tous ces éléments qui sont cités dans l&rsquo;article 268 du Code pénal », dira-t-elle.</p>



<p><strong>Que faire pour éviter la lenteur judiciaire …</strong></p>



<p>Pour éviter cette lenteur au niveau de la justice, cette avocate au barreau de Guinée estime que le pays doit se doter d&rsquo;une politique pénale très claire et un personnel bien qualifié, tout en respectant le ratio population-magistrats. « Dans tous les pays du monde, la justice est dite lente mais chez nous, c&rsquo;est un cas particulier. Aujourd&rsquo;hui, combien du budget national va sur le secteur de la justice? Aujourd&rsquo;hui, quand vous prenez le ratio population-magistrats, combien de magistrats nous faut-il dans les&nbsp; cours et tribunaux pour pouvoir prendre des décisions ou en tous cas pouvoir faire le travail en toute normalité ? Ce n&rsquo;est pas souvent simple (&#8230;) Il nous faut des moyens logistiques, des moyens humains mais aussi une certaine volonté politique à faire de la justice un instrument fiable pour le rétablissement de l&rsquo;Etat de droit dans notre pays. Je pense que ce n&rsquo;est pas de la magie, il faut des moyens humains, des moyens matériels, derrière aussi, il faut une volonté politique et une politique pénale claire. On ne peut condamner une personne de 15 ans,&nbsp; demain se retrouver avec des peines de 10 ans. On ne peut pas dire par exemple que quelqu&rsquo;un qui a violé cinq ou six petites filles parce qu&rsquo;il était marabout va prendre 10 ans de réclusion criminelle alors que c&rsquo;est de circonstances aggravantes. Il faut qu&rsquo;il y ait certaines consciences à la prise de décision des juges et les décisions doivent être faites en âme et conscience, selon nos textes de lois », a-t-elle conseillée.&nbsp;</p>



<p><strong>Des parties civiles qui se rétractent de la procédure&#8230;</strong></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img data-dominant-color="8a7665" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8a7665;" decoding="async" width="667" height="1000" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/3-jpg.webp" alt="" class="not-transparent wp-image-1077" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/3-jpg.webp 667w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/3-200x300.webp 200w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/3-230x345.webp 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/3-350x525.webp 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/03/3-480x720.webp 480w" sizes="(max-width: 667px) 100vw, 667px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une militante féministe guinéenne appelle à l&rsquo;application de la loi, pour mettre fin aux VBG. (c) Club des jeunes filles leaders de Guinée. </figcaption></figure>



<p>Par rapport à cet état de fait, Me Halimatou Camara  ne passe pas du dos de la cuillère. Pour elle, ces personnes doivent être poursuivies pour obstruction à la justice. </p>



<p>“La victime se rétracte parce que la société la condamne, la juge mais il faut aujourd&rsquo;hui des mécanismes fiables. Il faut faire en sorte de criminaliser tous ceux qui viennent dire des salamalecs, de pardonner. Il faut trouver les moyens de poursuivre toutes ces personnes pour obstruction à la justice. Dans les textes, tout est prévu dans notre code. Il faut l’appliquer et faire de la justice vraiment un instrument au service des citoyens. Il faut criminaliser, faire en sorte que celui qui fait l&rsquo;apologie du viol ou ces type d&rsquo;infraction, celui qui piétine ces genre d&rsquo;enquête et même les agents publics que sa soit à la police, au sein de la justice, parce qu&rsquo;en fait le sexisme, la misogynie et tout ces travers là. Donc, il faut faire en sorte qu&rsquo;à chaque fois que ces cas-là sont dénoncés, on puisse en tirer les conséquences et qu&rsquo;on puisse poursuivre les personnes. Parce que je pense fondamentale que c&rsquo;est l&rsquo;impunité qui fait qu&rsquo;on banalise ces infractions de violence basée sur le genre », estime-t-elle.</p>
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		<title>Déguerpissements à Abidjan : donner un visage humain à l’opération pour éviter un mécontentement généralisé</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/02/27/deguerpissements-a-abidjan-donner-un-visage-humain-a-loperation-pour-eviter-un-mecontentement-generalise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 10:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Cas d'étude]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[Déguerpissements à Abidjan]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis le lundi 19 février 2024, Abidjan, la grande métropole ivoirienne est le théâtre d’opérations de déguerpissements tous azimuts dans plusieurs communes mettant en action les bulldozers du District Autonome d’Abidjan.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis le lundi 19 février 2024, Abidjan, la grande métropole ivoirienne est le théâtre d’opérations de déguerpissements tous azimuts dans plusieurs communes mettant en action les bulldozers du District Autonome d’Abidjan.</p>



<p>Partout où ces machines sont passées, les scènes sont saisissantes, tristes, choquantes et émouvantes. Des hommes et femmes coulant des flots de larmes ne savent où donner de la tête. Depuis ce jour ‘’maudit’’, des pères de familles et leurs protégés dorment à la belle étoile avec ce qu’ils ont pu sauver de leurs affaires. Le spectacle est désolant.</p>



<p>Quid des élèves dont le collège a été rasé jetant près de deux milliers d’apprenants à la rue. Or, selon les autorités du District Autonome d’Abidjan, ce sont 176 sites, répartis dans divers sous-quartiers des communes d’Abidjan qui seront la proie des bulldozers. Le comble est que les occupants de ces sites disent n’avoir pas reçu de sommation encore moins de dédommagements pour pouvoir se caser ailleurs. Commentant pourrait-on dédommager ces personnes qui continuent de subir la rage des bulldozers ?</p>



<p>Femmes, enfants, vieillards, personnes malades ou handicapées… tous exposés à des menaces aussi bien sécuritaires que sanitaires comme l’a souligné le Conseil national des droits de l’homme de Côte d’Ivoire (Cndh-CI) dans sa déclaration du 24 février, appelant par la même occasion à ‘’l’arrêt immédiat’’ de ces opérations de déguerpissements pour ‘’préserver la dignité humaine’’.</p>



<p>Car, à la vérité, ces démolitions qui l’ont été sans la moindre précaution réduisent des familles entières à dormir à la belle étoile. On doit rendre gloire à Dieu qu’on n’est pas en saison pluvieuse. En tout état de cause, ces déguerpissements à la sauvette constituent une grosse entorse aux droits humains, notamment, le droit à disposer d&rsquo;un toit, le droit à la dignité.</p>



<p>En plus de les priver du droit à un logement, du droit à la sécurité aussi bien de leurs biens que de leurs personnes que dire du droit à la santé, du droit à un bien-être et du droit à l’éducation ? Quelle est la place de l’Ecole&nbsp; quand de jeunes enfants assistent, impuissants, à la destruction de leur établissement scolaire ? C’est sûr, traumatisés, ils seront marqués à jamais par ces opérations.</p>



<p>Des questionnements que l’Autorité n’a pas jugés utile de trouver des solutions avant de passer à la démolition.</p>



<p>Pourtant, il aurait fallu, tout simplement, faire ces opérations par étapes après concertations des différentes parties pour évaluer les besoins et recaser ceux déguerpis avant de poursuivre l’opération sur d’autres sites pour donner un visage humain à ces démolitions.</p>



<p>Honoré SEPE</p>
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		<title>CAN 2024 : sur les réseaux sociaux, la culture du clash banalise les discours de haine et les attaques personnelles</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/02/26/can-2024-sur-les-reseaux-sociaux-la-culture-du-clash-banalise-les-discours-de-haine-et-les-attaques-personnelles-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Feb 2024 18:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Cas d'étude]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[CAN 2023]]></category>
		<category><![CDATA[Clash Cameroun Côte d'Ivoire]]></category>
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					<description><![CDATA[Après la victoire du Sénégal, vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) face à l’Égypte en 2022, la 34ème édition de la CAN a débuté en Côte d’Ivoire ce samedi 13 janvier et s’achèvera le dimanche 11 février 2024. À l’instar des autres éditions, les citoyens issus des 24 pays en compétitions soutiennent leurs équipes. Ils alimentent particulièrement la toile dans une ambiance bon enfant à travers des publications visées et des commentaires. Seulement, cette culture du clash minimise parfois les discours de haine, y compris les attaques personnelles.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Après la victoire du Sénégal, vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) face à l’Égypte en 2022, la 34</em><em><sup>ème</sup></em><em> édition de la CAN a débuté en Côte d’Ivoire ce samedi 13 janvier et s’achèvera le dimanche 11 février 2024. À l’instar des autres éditions, les citoyens issus des 24 pays en compétitions soutiennent leurs équipes. Ils alimentent particulièrement la toile dans une ambiance bon enfant à travers des publications visées et des commentaires. Seulement, cette culture du clash minimise parfois les discours de haine, y compris les attaques personnelles.</em></p>



<p>L’ambiance bon enfant de la CAN sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, a débuté un peu avant la cérémonie d’ouverture tenue le samedi 13 janvier 2024, au stade d’Ebimpé. 6 jours avant, c’est-à-dire le 7 janvier 2024, les premières équipes participantes foulent progressivement le sol de la terre d’Eburnie. Cette actualité suffisamment relayée sur les réseaux sociaux met déjà la toile en effervescence. Des pages, des profils et des groupes Facebook trouvent nécessairement de la matière pour faire monter l’ambiance d’un cran.</p>



<p>Ainsi, le jeudi 11 janvier 2024, dans un groupe spécialement créer pour les clashs Cameroun/Côte d’Ivoire, Semy Killy, un internaute lance les hostilités<a href="https://web.facebook.com/groups/1221013569290721/?multi_permalinks=1286655082726569&amp;ref=share&amp;_rdc=1&amp;_rdr"> et publie </a>: « Pourquoi les joueurs du « campoussière », (Ndlr, Cameroun) sont arrivés en Côte d’Ivoire, tous habillés en noir ? Ou bien, ils ont perdu pôle billard (Paul Biya) ? ».&nbsp; Une publication qui a généré 89 réactions et 97 commentaires à ce jour.</p>



<p>En réponse, ‘’Phladimir DuCamer’’ réplique : « Tu es né et a trouvé que même vos ancêtres vous ont donné le nom « ivoirien » c&rsquo;est-à-dire que les gens qui sont nés et ne voient rien, je dis bien, rien du tout ! Et tu viens insulter le ‘’continent’’ Cameroun et son président Paul Biya en déformant son nom. Cherche d&rsquo;abord à bien voir avant de commencer ce que tu ne peux pas finir bro ! ».</p>



<p>En appui, Hermine Sandoval ajoute : « rectification, c&rsquo;est Paul Biya le seul et unique président qui a pu faire plus de 40 ans au pouvoir et qui aime la paix ok, rien n&rsquo;est impossible pour lui ok ».</p>



<p>Sur cette même plateforme, Ange Baisco publie le 12 janvier<a href="https://web.facebook.com/groups/1221013569290721/permalink/1287601282631949/?mibextid=A7sQZp"> un message visant à titiller les supporters du Cameroun</a>. « Je dis, le Cameroun ne va pas jouer 3 matchs en Côte d&rsquo;Ivoire. Si le Cameroun a joué 3 matchs, appelez-moi mouton », a-t-il laissé voir.&nbsp; Très vite, il reçoit en retour des attaques personnelles dont celle de Modeste Beethoven. « C&rsquo;est ta maman qui ne va pas jouer avec ton père 3fois », a-t-il lancé sous ladite publication qui a généré 112 réactions et 113 commentaires au moment du recensement.</p>



<p>13 janvier 2024. Mefire Samira,<a href="https://web.facebook.com/groups/348832644188279/permalink/391946323210244/"> publie une photo dans laquelle on aperçoit des femmes</a> en lêkê (chaussures de conception française nées après la Seconde Guerre mondiale dont une partie est fabriquée en Côte d&rsquo;Ivoire et l’autre importée) avec en légende « comment appelle-t-on ce qu’elles ont sur les pieds ».</p>



<p>Ce post du groupe « Clash Côte d’Ivoire vs Cameroun » qui a suscité 147 réactions et 119 commentaires à ce jour, a été l’origine de quelques frustrations chez certains ivoiriens, et cela, Mohamed Thuq n’a pas manqué de le révéler. « Je suis vraiment choqué de voir tous ces commentaires haineux envers la Côte d&rsquo;Ivoire. Je croyais que si cette Can réussissait c&rsquo;était toute l&rsquo;Afrique qui en bénéficierait, mais maintenant, j&rsquo;ose croire que si elle réussit, c&rsquo;est seulement pour les ivoiriens », a-t-il dit. « C’est facile, quand c&rsquo;est vous, c&rsquo;est toute l&rsquo;Afrique qui gagne, rappelez-vous de comment vous avez dénigré la nôtre, on ne pleure pas, c&rsquo;est interdit », a prévenu ensuite Atango Chimy.</p>



<p>Comme lui, la créatrice de contenus Camerounaise installée en Côte d’Ivoire, Diana Bouli a aussi essuyé quelques frustrations.</p>



<p>Tout est parti<a href="https://fb.watch/pDrBWD5omX/"> &nbsp;d’une vidéo enregistrée au stade</a> lors du match qui opposait le Cameroun et la Guinée. L’influenceuse enthousiaste criait, « On est deux camerounais ici, on a encerclé tout le périmètre. Carton rouge ! Carton rouge ! Vous êtes malades, vous voulez tuer nos joueurs. Allez les gars, fracassez-les, tabassez-les comme vous avez fait au Brésil. On rentre avec la coupe. Merci ».</p>



<p>La publication qui a enregistré au moins 31K de réactions,&nbsp; 4K de commentaires et 1,5 K&nbsp; de partages n’a pas été sans conséquences. Mécontents, plusieurs internautes Guinéens lui ont clairement fait savoir qu’elle n’est plus la bienvenue chez eux. « Je dis Diana bouli, c&rsquo;est quand tu vas nous trouver ici, tu sauras qu&rsquo;on est vraiment malade », a menacé Riiamchi Allsy.</p>



<p>Plus tard, Diana Bouli, qui affirme être vilipendée sur les réseaux sociaux par certains Guinéens pour ‘’une cause inexistante et illégitime’’ a tenu à recadrer la situation à travers&nbsp; un post dans lequel elle précise : « En aucun cas, je le dis et je le répète avoir tenu des propos injurieux à l’encontre de l’équipe Guinéenne incluant ses supporteurs. Si vous remarquez une injure sur un ton humoristique dans notre jargon le Camfranglais, cela était uniquement à l’endroit des joueurs de mon propre pays connaissant leur réel potentiel vis-à-vis de leur jeu d’aujourd’hui. J’aime beaucoup la Guinée. Mais les menaces de certains Guinéens n’ont vraiment pas lieu d’être ! », a-t-elle écrit.</p>



<p>Si<a href="https://www.facebook.com/100063458736877/posts/pfbid0ETABjJM3HbDK6KXcCmA5Qbw7gLwWVVT9cBvykLvqDX9RkxyLwcoYVG6S5sHdZJDxl/?mibextid=UyTHkb"> </a>le post visait à baisser les tensions, il a aussi ajouté de l’huile sur le feu. En effet, les commentaires sont allés dans tous les sens.&nbsp; Attaques personnelles, menaces, insultes&#8230;</p>



<p><strong>Pourquoi les conversations numériques virent aux insultes et aux attaques personnelles?&nbsp;</strong></p>



<p>Au départ, ces publications visaient à alimenter les débats autour de la CAN sur les réseaux sociaux, mais très vite, elles sont devenues de plus en plus insupportables pour certains supporters qui ont perdu la culture du débat pour s’aligner sur les modes de propos virulents, injures, attaques personnelles et discours de haine&#8230;</p>



<p>Certains faits de la CAN précédente non encore oubliés ressurgissent dans les esprits au travers de certaines publications. C’est principalement le cas de la Côte d’Ivoire et du Cameroun,<a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/c51zz1yn8jgo"> deux pays marqués par des clashs sportifs depuis des années</a>. D’ailleurs, la plupart des groupes de clash Côte d’Ivoire/Cameroun ont été créés pendant la précédente CAN, en 2022.&nbsp; Lors de cette période, les habitants des deux pays se livraient à une comparaison des niveaux de développement.</p>



<p>Il y a aussi la liberté d’expression qui offre la libre communication des pensées et des opinions. Toutefois, comme l’affirme l’Étudiante Elsa Guérin, dans un document intitulé « La liberté d’expression à l’ère du numérique : le délicat équilibre sur les réseaux sociaux », parut le 24 juillet 2023, « les abus de la liberté d’expression sont renforcés sur les réseaux sociaux ».</p>



<p>En outre, plusieurs internautes font aussi monter les tensions pour faire grimper leurs audiences.</p>



<p><strong>Ces publications peuvent virer au drame</strong></p>



<p>Lors de la précédente CAN qui se tenait au Cameroun,<a href="https://www.linfodrome.com/afrique-monde/73419-cote-d-ivoire-cameroun-incomprehensions-sur-les-reseaux-sociaux-didier-drogba-et-samuel-eto-o-appeles-au-secours"> les conflits entre des supporters Camerounais et Ivoiriens qui ont failli dégénérer</a>, avait également débuté et progressé sur les réseaux sociaux. Tout comme l’édition 2024, il était question d’alimenter les débats autour de la CAN. Résultat. Les joueurs ivoiriens ont été hués au stade du Cameroun, les drapeaux des différents pays déchirés et brulés&#8230; Certains allaient jusqu’à reporter les conflits pour l’édition 2024.</p>



<p>Par ailleurs, ces situations qui augmentent le flux informationnel sont également source d’infobésité (surcharge informationnelle), donc de désinformation (manipulation de l’information pour tromper l’opinion publique).&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Il convient donc de rappeler que les discours de haine désignent des discours qui attaquent une personne ou un groupe de personnes sur la base de caractéristiques divers (couleur de peau, âge, sexe, religion, pays&#8230;) et peuvent conduire à des lynchages, des fusillades de masses, les guerres, les crimes, etc.&nbsp; La désinformation peut également être source de lynchages, de crimes&#8230;</p>



<p><strong>Eviter de faire dégénérer la situation pour une CAN réussie et sans conflits</strong></p>



<p>L’édition 2024 de la CAN est certes organisée par l’État de Côte d’Ivoire, mais elle enregistre la participation de 23 autres pays. Suscitant autant d’intérêt et d’engouement, il convient donc pour toutes les populations, la société civile, les gouvernements des pays associés, de mettre la main à la pâte pour une CAN réussie et sans conflits.</p>



<p>Pour ce faire, les populations doivent filtrer leurs interventions, afin de réduire au minimum les comparaisons, les injures, les propos de haine, les menaces&#8230; Il faut aussi signaler les commentaires et les publications visant à faire ressortir les éléments précités.</p>



<p>La société civile, les activistes, les bloggeurs, les influenceurs, doivent continuellement sensibiliser sur la paix et la cohésion sociale pendant cette période assez sensible, mais aussi relayer des informations sur les discours de haine, la désinformation et leurs conséquences et les dispositions de la loi dans les différents pays.</p>



<p>Les gouvernements à leur tour, doivent aussi accentuer les sensibilisations précitées et faire de la veille pour sanctionner les auteurs de discours de haine&#8230;</p>



<p>En Côte d’Ivoire, la<a href="https://www.tresor.gouv.ci/tres/wp-content/uploads/2018/03/2013-451-cybercriminalite.pdf"> loi No 2013-451</a> portant répression de la cybercriminalité et de la divulgation des fausses nouvelles, en son article 65 punit «de six mois à deux ans d’emprisonnement et de 1.000.000 à 5.000.000 de francs CFA d’amende, le fait pour toute personne de communiquer ou de divulguer par le biais d’un système d’information, une fausse information tendant à faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration de biens ou une atteinte aux personnes a été commise ou va être commise « ; et l’article 62 de la même loi punit «de un mois à cinq ans d’emprisonnement et de 1.000.000 à 20.000.000 de francs CFA d’amende, le fait pour une personne de produire, de mettre à la disposition d’autrui ou de diffuser des données de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système d’information. »</p>



<p><strong>Marina Kouakou</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Côte d’Ivoire-Cohésion; Deux chefs de village inculpés pour « tortures et traitements inhumains »</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/02/23/cote-divoire-cohesion-deux-chefs-de-village-inculpes-pour-tortures-et-traitements-inhumains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Feb 2024 12:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Cas d'étude]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
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					<description><![CDATA[Le parquet de Man a inculpé, le 19 février 2024, les nommés Guélanebo Pierre Gnahé, chef du village de Douandrou 1, Fernand Séa, chef du village de Zéo et Laurent Son, chef de sécurité de Zéo pour des faits de ‘’tortures et traitements inhumains’’ exercés sur le jeune instituteur bénévole Luc Valen Bomahé, enseignant à Zéo dans la sous-préfecture de Bangolo, dans l’ouest ivoirien.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le parquet de Man a inculpé, le 19 février 2024, les nommés Guélanebo Pierre Gnahé, chef du village de Douandrou 1, Fernand Séa, chef du village de Zéo et Laurent Son, chef de sécurité de Zéo pour des faits de ‘’tortures et traitements inhumains’’ exercés sur le jeune instituteur bénévole Luc Valen Bomahé, enseignant à Zéo dans la sous-préfecture de Bangolo, dans l’ouest ivoirien.</p>



<p>Il a pris des mesures fermes à l&rsquo;encontre de deux chefs de village et de leur complice, soupçonnés d&rsquo;être impliqués dans des actes de torture, de traitements inhumains et de coups mortels sur un jeune instituteur bénévole à Bangolo, dans l&rsquo;ouest de la Côte d&rsquo;Ivoire.</p>



<p>Pour les faits qui remontent au samedi 10 février 2024, le décès tragique du jeune enseignant a été signalé dans ledit village où des informations laissent entendre qu&rsquo;il aurait été ligoté et victime de violences ayant entraîné sa mort.</p>



<p>Il n’en fallait pas plus pour l’ouverture d’une enquête confiée à la gendarmerie de Bangolo par le procureur de la République près le Tribunal de 1ère Instance de Man. Les investigations de la gendarmerie ont conduit à l&rsquo;arrestation des individus : Guélanebo Pierre Gnahé, Fernand Séa et Laurent Son.</p>



<p>Une information judiciaire a été ouverte contre eux pour des faits de tortures, traitements inhumains, traitements dégradants et coups mortels, en violation des dispositions du code pénal, a justifié le parquet de Man, invitant toute personne détenant des informations pouvant contribuer à l&rsquo;avancement de l&rsquo;enquête à les communiquer aux autorités judiciaires compétentes.</p>



<p>En attendant que la justice ivoirienne fasse son travail pour élucider cette sombre affaire, il y a lieu de s’interroger sur les cas des deux chefs de villages soupçonnés d’avoir assassiner le jeune Luc Valen Bomahé.</p>



<p>Garant de l’unité et de la cohésion sociale dans sa sphère de compétence qu’est le village, le chef de village a pour mission de veiller sur sa population tout en servant de courroie de transmission entre elle et l&rsquo;administration centrale. A ce titre, il assure la police rurale.</p>



<p>Comment donc, ces personnes peuvent-elles se retrouver au centre d’un crime, piétinant, royalement, leur rôle de protecteur du village ? Elles qui devraient poser des actes concourant à l’édification de la cohésion et de la solidarité entre leurs administrés.</p>



<p>A l’évidence, une sensibilisation de ces chefs de village mérite d’être menée pour leur (re) inculquer les valeurs sociétales nécessaires à la conduite du village.</p>



<p><strong>Honoré Sépé</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Côte d’Ivoire : les abus de la liberté d’expression à l’ère des réseaux sociaux</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/02/22/cote-divoire-les-abus-de-la-liberte-dexpression-a-lere-des-reseaux-sociaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[M Kebe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Feb 2024 21:52:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Cas d'étude]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.impact-plateforme.org/?p=1051</guid>

					<description><![CDATA[En Côte d’Ivoire, les réseaux sociaux sont souvent présentés comme des espaces de liberté, puisqu'ils ont indéniablement contribué à accroître la liberté d’expression. Cette liberté d’expression qui est encadrée par les textes de loi ivoirienne, est aujourd’hui la cause de nombreux cas d’abus et de dénigrement en ligne.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>En Côte d’Ivoire, les réseaux sociaux sont souvent présentés comme des espaces de liberté, puisqu&rsquo;ils ont indéniablement contribué à accroître la liberté d’expression. Cette liberté d’expression qui est encadrée par les textes de loi ivoirienne, est aujourd’hui la cause de nombreux cas d’abus et de dénigrement en ligne.</em></p>



<p>Le 8 février 2024, plusieurs images issues de captures d’écran sont partagées sur Facebook. Ces captures permettent clairement d’observer des propos moqueurs et injurieux dans le jargon ivoirien, à l’endroit du couple Haller (Sébastien et Priscillia Haller).</p>



<p>« La vieille là, peut-être sa mère. Haller toi aussi il faut te revoir. Les jolis garçons ne font jamais de bon choix. On ne peut pas envoyer Haller au marché, même pas pour choisir un uniforme de mariage. C’est le goût des boss. Aah Champion, c’est ça là tu as trouvé ? &#8230; », lit-on<a href="https://web.facebook.com/photo/?fbid=2714052285420088&amp;set=pcb.2714053018753348"> sur ces images</a> qui proviennent visiblement des commentaires de Tiktok.</p>



<p>Devenues virales, ces images ont été mises à disposition par plusieurs groupes et pages Facebook dont le profil Sylv’s Kouadio qui a décrié ces attitudes.</p>



<p>« Pourquoi se moquer du physique de la femme de Haller ? C’est avec consternation que j’ai lu les invectives&nbsp; et messages moqueurs proférés à l’endroit de la femme de notre « sauveur » du mercredi dernier. Avoir des postérieurs montagneux, une taille de girafe et ne pas se servir de sa cervelle est bien pire qu’une peste ! Avoir tous les atouts physiques et être indisciplinée, méchante et frustrée est bien plus triste qu’une maladie incurable ; Tous les jours, les cas de chirurgie pour améliorer artificiellement leurs physiques augmentent (sans réfléchir aux conséquences néfastes ultérieures) mais le nombre de femmes célibataires ne cessent de grandir dans nos sociétés », indique-t-il.</p>



<p>Il poursuit : « Choisir une femme pour un homme est un exercice qui prend en compte plusieurs paramètres, dont les plus importantes sont liées au comportement et la capacité de cette dernière à aider cet homme à évoluer ; Plusieurs dames critiquent cette femme, mais elles sont malheureuses car, mendiantes à longueur de journée, n’arrivent pas à tenir une relation amoureuse avec un homme pendant deux jours du fait de leurs comportements médiocres (infidélité, arrogance, paresse, irrespect, 0 personnalité, etc.). Avez-vous une idée de l’impact potentiel de ce dénigrement dans la vie de cette dame ? A un moment, il faut que ce type d’inepties sociales s’arrêtent ! », souhaite ce dernier.</p>



<p>Cette méchanceté gratuite envers le couple Haller date de plus d’un an. En août 2022, alors que le footballeur professionnel souffrait encore du cancer des testicules diagnostiqué en juillet 2022, soit deux semaines seulement après avoir rejoint la Bundesliga, le couple subissait également les mêmes critiques négatives. Cette publication qui présente ledit couple sur la page<a href="https://web.facebook.com/story.php?story_fbid=1420668468336799&amp;id=273334749736849&amp;mibextid=xfxF2i"> soutien aux éléphants</a> en est l’illustration.</p>



<p>« Elle n&rsquo;est pas plus belle que nous, Haller on pouvait te donner mieux tu es déjà métisse orrrrr. Je pensais que c&rsquo;était sa maman hein, bon comme c&rsquo;est sa femme là donc elle est jeune, sinon si c&rsquo;était sa maman là fhum », avaient écrit plusieurs internautes.</p>



<p>A l’instar de Priscilla Haller, le Chroniqueur de Life TV, une chaîne de télévision ivoirienne, Daouda Coulibaly est très souvent la cible des auteurs des commentaires et publications de dénigrement.</p>



<p>Le dimanche 11 février 2024, <a href="https://web.facebook.com/Humouretv/posts/pfbid02vUsc9EaoV3qq7MVS6bxXtvr9SG7VoKsoxwfwhYpFQM4jAHd9aBiCKqcKu76Wpnptl?_rdc=1&amp;_rdr">la page Lol.com</a>, avait également ajouté une photo de ce dernier accompagné de son épouse au stade d’Ebimpé quelques heures avant le dernier match de la CAN 2023.</p>



<p>« Homme court aussi deh ! Le nidja d’Afrique. Aujourd&rsquo;hui là seulement tu es le plus beau. Est-ce que c&rsquo;est sa femme même ? Il a une belle femme ! Mais pourquoi il est si méchant envers les autres ? Aigris et agressif ? Il n&rsquo;est pas heureux ? Elle n&rsquo;a pas peur à cause de l&rsquo;argent. Ouais femme a gros cœur. C&rsquo;est ça on dit : Mamie Watta a épousé un requin Punchline dans le domaine aquatique », lit-on sous ce contenu qui a généré plus 2000 réactions, 600 commentaires et 60 partages.</p>



<p>Ces types de contenus déplacés à l’endroit des personnalités publiques, se sont installés dans les habitudes quotidiennes si bien qu’aujourd’hui, ils sont devenus l’identité de l’atmosphère numérique en Côte d’Ivoire.</p>



<p><strong>Ce que recherchent les créateurs de contenus</strong></p>



<p>La principale raison de la persistance de ces cas de figure provient des centres d’intérêts de la population ivoirienne. Les créateurs de contenus continuellement à la recherche de visibilité souhaitent attirer l’attention du plus grand public en vue d’obtenir des partenariats publicitaires. Ils servent alors ces textes adaptés à leurs objectifs.</p>



<p><strong>Ces contenus causent du tort aux victimes</strong></p>



<p>Dans bien de cas, les victimes des publications ou commentaires à caractères dévalorisants demeurent silencieuses pour la préservation de leurs images. Cependant, elles peuvent garder les stigmates à vie.</p>



<p>Selon le<a href="https://fastercapital.com/fr/contenu/Faire-face-au-harcelement-en-ligne-et-son-impact-sur-la-gestion-de-la-reputation.html"> site FasterCapital</a> le harcèlement en ligne peut avoir de graves effets psychologiques sur les individus, entraînant des conséquences importantes sur leur santé mentale. L&rsquo;exposition constante à des commentaires négatifs et blessants, à des menaces et à des attaques personnelles peut nuire au bien-être d&rsquo;une personne, conduisant souvent à des sentiments d&rsquo;anxiété, de dépression et même à des tendances suicidaires. Les effets psychologiques du harcèlement en ligne sur la santé mentale d&rsquo;un individu sont notamment l’anxiété et le stress, la dépression et faible estime de soi et l’isolement et la solitude.</p>



<p>Autant d’inconvénients qui peuvent occasionner la perte de talents, mais aussi la réduction des révélations dans les différents secteurs d’activités.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Réduire au minimum les abus de la liberté d’expression</strong></p>



<p>Si le harcèlement en ligne et les abus de la liberté d’expression en ligne sont devenus monnaie courante, c’est parce qu’il n’y a pas encore de mesures spécifiques liées à ces questions.</p>



<p>Pour l’instant, les dispositions prises depuis 2023 concernent <a href="https://news.abidjan.net/articles/717440/communication-audiovisuelle-tout-blogueur-activiste-ou-influenceur-disposant-de-25-000-abonnes-en-ligne-est-soumis-a-la-loi-sur-la-communication-audiovisuelle">la loi</a> sur la communication audiovisuelle. Ladite loi indique qu’à partir de 25000 followers, un bloggeur, un cyber-activiste, un influenceur et un web humoriste n’est plus une personne physique. Il perd le caractère de correspondance privée et devient une personne morale, un média. En tant que tel, la loi sur la communication audiovisuelle s’impose à lui. Il est donc tenu de se soumettre au respect de ses principes généraux. Il s’agit entre autres, l’atteinte à la souveraineté, la violation du secret d’Etat, l’atteinte à la défense nationale, le non-respect des institutions de la République, l’atteinte à la dignité de la personne humaine, etc.</p>



<p>De ce fait, le dirigeant de droit ou de fait du fournisseur d’accès à internet qui n’aura pas procédé au retrait ou empêché l’accès à tout contenu audiovisuel visé par cette décision s’expose à « une peine d’emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 2 à 10 millions de FCFA ».</p>



<p>Il convient donc pour le gouvernement ivoirien de mettre en place des mesures accompagnatrices des dispositions précitées. Il faut aussi prévoir des cadres spécifiques pour les cas de harcèlement en ligne, le respect de la vie privée, ainsi que les abus de la liberté d’expression.</p>



<p>Les victimes de ces publications dénigrantes doivent désormais porter plainte pour obtenir réparation.</p>



<p>Quant à la société civile, elle devra accentuer les sensibilisations en ligne sur les bonnes pratiques de l’utilisation des réseaux sociaux.</p>



<p><strong>Marina kouakou</strong></p>
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		<title>’Paquinou’’ Une Fête pour le renforcement de Cohésion Sociale</title>
		<link>https://www.impact-plateforme.org/2024/02/20/paquinou-une-fete-pour-le-renforcement-de-cohesion-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Équipe Impact]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Feb 2024 22:54:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Cas d'étude]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[Fête Baoulé]]></category>
		<category><![CDATA[Paqinou]]></category>
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					<description><![CDATA[ La fête de pâques ou « paquinou » est une fête à l’origine chrétienne que la communauté Baoulé, peuple du centre de la Côte d’Ivoire célèbre à sa manière. Selon Pierre Kouakou Tanoh enseignant à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody : depuis 1971, la fête de pâques fait partie intégrante du patrimoine culturel des Baoulé. Fête chrétienne chez les Juifs et fête traditionnelle chez les Baoulé depuis plus de 50 ans : précise-t-il.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong> La fête de pâques ou « paquinou » est une fête à l’origine chrétienne que la communauté Baoulé, peuple du centre de la Côte d’Ivoire célèbre à sa manière. Selon Pierre Kouakou Tanoh enseignant à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody : depuis 1971, la fête de pâques fait partie intégrante du patrimoine culturel des Baoulé. Fête chrétienne chez les Juifs et fête traditionnelle chez les Baoulé depuis plus de 50 ans : précise-t-il.</strong></p>



<p>Pour les Baoulé «&nbsp;paquinou&nbsp;» est une manifestation de l’animation socioculturelle par excellence. En animant la cité et en renforçant les liens de fraternité et de solidarité, «&nbsp;paquinou&nbsp;» pose les jalons du développement de la société Baoulé. En Côte d’Ivoire, la fête de Pâques, outre son caractère religieux, est devenue une fête populaire, voire nationale. Pour preuve les Baoulé, originellement animistes, ont institué la fête de «&nbsp;paquinou&nbsp;»&nbsp; qui chaque année mobilise du monde. Certaines autorités de la Côte d’ Ivoire comme l’ancien président du Senat Ahoussou Jeannot ont même institutionnalisé cette fête en joignant leur image.</p>



<p>Paquinou est devenu <a href="https://www.facebook.com/Paquinou.Oblige/videos/930253608146569">avec l’impact&nbsp; des réseaux sociaux</a> un vecteur de l’animation et apporte un changement&nbsp; dans la vie des communautés et des localités. Ce changement résorbe en premier ressort les conflits sociaux pouvant entraver la solidarité et donne de nouvelles orientations en dernier ressort pour une meilleure participation de la vie communautaire.</p>



<p>CAPTURE ECRAN</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="f4677a" data-has-transparency="true" style="--dominant-color: #f4677a;" decoding="async" width="650" height="263" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/qw.png" alt="" class="has-transparency wp-image-1028" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/qw.png 650w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/qw-300x121.png 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/qw-230x93.png 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/qw-350x142.png 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/qw-480x194.png 480w" sizes="(max-width: 650px) 100vw, 650px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="a09a71" data-has-transparency="true" style="--dominant-color: #a09a71;" decoding="async" width="656" height="515" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/pw.png" alt="" class="has-transparency wp-image-1030" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/pw.png 656w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/pw-300x236.png 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/pw-230x181.png 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/pw-350x275.png 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/pw-480x377.png 480w" sizes="(max-width: 656px) 100vw, 656px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="c8bba4" data-has-transparency="true" style="--dominant-color: #c8bba4;" decoding="async" width="664" height="376" src="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/ced.png" alt="" class="has-transparency wp-image-1031" srcset="https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/ced.png 664w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/ced-300x170.png 300w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/ced-230x130.png 230w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/ced-350x198.png 350w, https://www.impact-plateforme.org/wp-content/uploads/2024/02/ced-480x272.png 480w" sizes="(max-width: 664px) 100vw, 664px" /></figure>



<p>La fête de la Pâques est nommée «&nbsp;paquinou&nbsp;» chez le Baoulé qui vit originellement au centre dans les grandes villes comme Yamoussoukro, Bouaké, Didievi, Tiébissou, le mot «&nbsp;paquinou&nbsp;» est une transformation de Pâques en langue Baoulé qui signifie littéralement «&nbsp;pendant la fête de Pâques&nbsp;». Au niveau socioculturel il faut noter que paquinou ou la Pâques favorise des retrouvailles et permet la réconciliation chez le Baoulé. Une fête de réjouissance qui donne l’occasion aux filles et fils des villages baoulés de se retrouver pour chanter, danser et partager les repas. Les chants du terroir et les danses font ressortir un pan de la culture de ce peuple.</p>



<p>La période de la Pâques est l’occasion choisie régler les différents entre les personnes et entre les familles dans le but de rétablir la confiance perdue et d’entamer un départ nouveau. Ce qui fait régner un équilibre au sein de la communauté. La célébration de «&nbsp;pâquinou&nbsp;» a joué un rôle déterminant pour la cohésion sociale après la crise qu’a connu la Côte d’Ivoire, notamment à l’occasion de la réunification du pays coupé <a href="https://news.abidjan.net/articles/431019/un-an-apres-la-crise-en-attendant-le-pardon-et-la-reconciliation-paquinou-pour-oublier-la-galere-et-langoisse">en deux lors de la rébellion armée</a>.</p>



<p>Paquinou est l’opportunité d’un retour massif du peuple Baoulé sur sa terre natale. Aujourd’hui cette fête n’appartient pas qu’à ce peuple, d’autres peuples y accourent pour découvrir l’évènement. Cela permet un renforcement des liens entre le peuple ivoirien.</p>



<p>Par ailleurs, au cours de ce temps festif, la jeune génération est instruite sur les valeurs du vivre ensemble, du pardon, et du respect à la différence. Les danses et chants du terroir enseignés aux jeunes traduisent le sens de l’unité et révèle également le e patrimoine culturel matériel et immatériel baoulé. On assiste également aux cérémonies de dot qui permettent l’union de deux personnes et par ricochet de deux familles. C’est une occasion pour les parents d’enseigner la ‘’rhétorique baoulé’’ aux plus jeunes car tout se fait en langue locale&nbsp;: le baoulé.</p>



<p><strong>CONCLUSION</strong></p>



<p>Paquinou dérivé de la fête de Pâques est une célébration faite par la communauté baoulé du centre de la Côte d’Ivoire. C’est une occasion de renforcement de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire. Elle revêt un caractère important pour cette communauté et pour la Côte d’Ivoire. Il est plus que nécessaire de la valoriser afin d’aider les ivoiriens à bâtir une nation après les nombreux crises traversées. Nous mènerons cette action à travers des publications sur les valeurs que prône cette célébration. Les réseaux sociaux seront les canaux utilisés pour la réaliser.</p>
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